Kenya

1 min En savoir plus sur les performances du Kenya en matière d’égalité de genre depuis 2015.

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Progrès

Score d’Indice en 2020 : 56,2

Score d’Indice en 2015 : 55,1

Évolution : « quelques progrès » depuis 2015, mais score général « très faible »

Classement mondial en 2020 : 110e sur 144 pays

Classement régional en 2020 : 8e sur 36 pays d’Afrique subsaharienne

Le score général du Kenya dans l’Indice du Genre dans les ODD 2022 affiche « quelques progrès », avec une augmentation de seulement 1 point entre 2015 et 2020. Malgré un « progrès rapide » enregistrés sur cinq ODD, la stagnation ou le recul des progrès accomplis sur les autres objectifs entrave l’amélioration de la situation des femmes et des filles.

Avec un score d’Indice de 82 points, le Kenya se distingue sur l’ODD 8 (travail), grâce à de « très bons » scores sur les indicateurs concernant les femmes dans les emplois vulnérables (Ind. 8.2), ainsi que les lois relatives à l’égalité sur le lieu de travail (Ind. 8.4). Ces deux scores placent le Kenya bien au-dessus des moyennes régionale et mondiale.

Les progrès les plus importants enregistrés depuis 2015 concernent l’ODD 9 (innovation). Ce résultat s’explique par l’augmentation de l’utilisation de services électroniques de banque par les femmes (Ind. 9.1), dont le score est passé de 66 à 75 entre 2015 et 2020. La performance « correcte » du Kenya vis-à-vis de cet indicateur en 2020 permet au pays de se hisser bien au-dessus des moyennes « très faibles » observées en Afrique subsaharienne (32 points) et à l’échelle mondiale (52 points).

Une très bonne performance des indicateurs juridiques et politiques a été observée sur l’ODD 5 (égalité de genre), ainsi que sur certains indicateurs clés tels que les droits fonciers des femmes (Ind. 1.3). En revanche, la représentation des femmes dans les instances de prise de décisions a reculé, en particulier concernant le nombre de femmes occupant des fonctions ministérielles (Ind. 5.5), et ce en dépit de la règle des « deux tiers » sur la parité, inscrite dans la Constitution de 2010, qui exige que le personnel des instances publiques ne soit pas composé de plus de deux tiers d’individus du même sexe.

La dégradation la plus importante observée entre 2015 et 2020 concerne l’ODD 2 (nutrition), pour lequel le Kenya affiche un score « très faible ». L’un des facteurs de cette dégradation a été la réduction de la proportion de femmes déclarant avoir assez d’argent pour acheter de la nourriture (Ind. 2.4), où le score du Kenya est passé de 46 à 25 points entre 2015 et 2020. Un autre facteur a été la détérioration de la perception des femmes d’un revenu suffisant pour le ménage (Ind. 1.4), dont le score déjà « très faible » de 46 en 2015 est tombé à seulement 22 points en 2020.

Important message

Le Kenya a fait quelques progrès en matière d’égalité des sexes, mais la stagnation et les déclins maintiennent son score global à très faible.

Réflexions de GROOTS Kenya

La performance du Kenya dans l’Indice du Genre dans les ODD 2022 est un appel à l’action pour que tous les secteurs s’attaquent en profondeur et de manière plus intentionnelle à la question des disparités en matière d’égalité de genre. L’Indice met en lumière d’importantes évolutions générales, aussi bien positives que négatives, tout en faisant ressortir les secteurs, les enjeux et les attitudes spécifiques où davantage de mesures s’avèrent nécessaires, notamment l’autonomisation économique en faveur de l’égalité de genre, les droits fonciers des femmes, ainsi que la violence à l’égard des femmes et des filles.

La performance du Kenya concernant l’ODD 5 (égalité de genre), qui n’atteint que 62 points dans l’Indice (score « faible »), est révélatrice de l’incapacité de la classe politique à promulguer la loi sur la parité « aux deux tiers », seuil constitutionnel critique visant à atteindre la parité des sexes dans tous les secteurs. Ce projet de loi a été rejeté par le parlement à trois reprises (un record) et, malgré des échéances constitutionnelles très claires, les dates auxquelles le projet de loi sera à nouveau soumis au vote restent actuellement floues.

Alors que l’Indice montre que le Kenya a connu une amélioration significative entre 2015 et 2020 concernant l’ODD 7 (énergie propre), la loi des finances du budget 2021-2022 a introduit une taxe sur la valeur ajoutée sur le gaz de pétrole liquéfié. Les coûts ont grimpé en flèche pour cette source fiable de combustible de cuisson, la rendant inabordable pour de nombreux ménages, dont beaucoup sont dirigés par une femme. Ce récent retour en arrière en matière de politique énergétique menace de remettre en cause l’amélioration de 5,4 points enregistrée par le Kenya depuis 2015 vis-à-vis de l’ODD 7. Il ne fait aucun doute que cette hausse des coûts contribuera à réduire l’égalité de genre au sein du secteur de l’énergie, sachant que ce sont les femmes qui assument la charge d’aller chercher le combustible de cuisson, charge qui réduit le temps dont elles disposent pour s’engager dans des activités économiques.

Concernant l’ODD 8 (travail), le Kenya affiche une performance louable, avec un « bon » score de 82 dans l’Indice. Toutefois, les lacunes dans les données continuent d’entraver le suivi de l’égalité de genre dans l’ensemble des ODD, y compris ceux liés au travail décent et à l’autonomisation économique. ONU-Femmes a récemment rapporté qu’en décembre 2020 le Kenya ne suivait les données que pour 41,8 % des indicateurs des ODD liés à l’égalité de genre, et que les lacunes dans les données sur le travail de soins et le travail domestique non rémunérés, ainsi que sur l’écart de rémunération entre les sexes, constituent deux grands sujets de préoccupation.