Guatemala

1 min En savoir plus sur les performances du Guatemala en matière d’égalité de genre depuis 2015.

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Progrès

Score d’Indice en 2020 : 61,2

Score d’Indice en 2015 : 59,7

Évolution : « quelques progrès » depuis 2015 et score général « faible »

Classement mondial en 2020 : 98e sur 144 pays

Classement régional en 2020 : 19e sur 21 pays d’Amérique latine et des Caraïbes

L’Indice du Genre dans les ODD 2022 indique que le Guatemala a réalisé « quelques progrès » en matière d’égalité de genre depuis 2015. Avec un score général de 61,2 points en 2020, le Guatemala se classe 98e sur 144 pays à l’échelle mondiale et 19e sur 21 pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Les objectifs de développement durable (ODD) sur lesquels le Guatemala a amélioré sa performance sont l’ODD 6 (eau) et l’ODD 7 (énergie propre). La progression la plus importante concerne l’accès à l’eau potable (Ind. 6.1), où le Guatemala atteint en 2020 un score de 94 points. Le pays conserve par ailleurs de très bons scores pour ce qui est des droits fonciers des femmes (Ind. 1.3, avec un score proche de 100) et de la prévalence de l’anémie chez les femmes (Ind. 2.3, avec un score de 93).

En matière d’objectifs, celui sur lequel le Guatemala réalise le plus de progrès est l’ODD 9 (innovation). Grâce à une augmentation de près de 7 points par rapport à son score de 2015, le pays parvient à se hisser au-dessus de la moyenne régionale de 2020. Ce résultat s’explique par la progression de l’utilisation de services électroniques de banque par les femmes (Ind. 9.1), même si le Guatemala et la région d’Amérique latine et des Caraïbes conservent un score « très faible » sur ce point. Le Guatemala obtient par ailleurs le score parfait (100 points) pour ce qui est de la représentation des femmes dans les sciences et la technologie (Ind. 9.4).

Les scores les plus faibles du Guatemala concernent l’ODD 16 (justice) et l’ODD 5 (égalité de genre), pour lesquels le pays obtient respectivement 38 et 46 points. L’absence de progrès du pays concernant l’étendue des fondements juridiques de l’avortement (Ind. 5.3), à laquelle s’ajoute le recul considérable de la proportion de fonctions ministérielles occupées par des femmes (Ind. 5.5), expliquent son score global « très faible » vis-à-vis de l’ODD 5. La faible performance du Guatemala pour ce qui est des lois relatives à l’égalité sur le lieu de travail (Ind. 8.4) pourrait expliquer pourquoi le score du pays vis-à-vis de l’ODD 8 (travail) demeure 16 points en-dessous de la moyenne régionale de 68 points en 2020.

Même si le Guatemala a accompli « quelques progrès » depuis 2015 vis-à-vis de l’ODD 10 (inégalités), son score reste inférieur à la moyenne régionale, sans « aucun progrès » sur certains indicateurs tels que l’inégalité des revenus (Ind. 10.1), l’autonomie personnelle et les droits individuels (Ind. 10.2), ainsi que les lois sur la diversité des genres (Ind. 10.5), pour lesquels le pays obtient des scores « très faibles » en 2020.

Les perceptions des femmes concernant le coût du logement (Ind. 11.1) et le revenu du ménage (Ind. 1.4) ont évolué dans la « mauvaise direction », ce qui a contribué à la baisse de performance du Guatemala sur l’ODD 11 (villes durables) et l’ODD 1 (pauvreté). Ces baisses sont antérieures à l’épidémie COVID-19, ce qui laisse penser que la situation du Guatemala et d’autres pays d’Amérique centrale s’est vue aggravée par la pandémie COVID-19.

Important message

Le Guatemala a fait quelques progrès vers l’égalité de genre, mais obtient des résultats inférieurs à ceux de la plupart des pays de la région.

Réflexions de la Asociación Generando Equidad, Liderazgo y Oportunidades (ASOGEN)

Malgré un score général encore « faible » en 2020, le Guatemala réalise « quelques progrès » dans l’Indice du Genre dans les ODD 2022. Ce score témoigne des lacunes persistantes en matière de développement et d’égalité de genre dans le pays.

Parmi les progrès réalisés depuis 2015 en matière de cadres réglementaires et de politiques en faveur des femmes, figure la création d’un système national pour l’équité hommes-femmes. Ce système coordonne les actions initiées par les différents organes de l’État (gouvernements locaux, institutions collégiales, institutions intégrant la participation de la société civile, espaces interinstitutionnels et au sein des institutions publiques) en vue de garantir le bien-être des femmes, d’assurer le respect de leurs droits fondamentaux et de combler les écarts en matière d’égalité de genre par le biais du Secrétariat présidentiel à la condition féminine (SEPREM).

Toutefois, en avril 2017, la séance plénière du Congrès de la République a entendu l’initiative 5272, demandant l’approbation de la loi pour la protection de la vie et de la famille. Véritable recul pour l’exercice des droits fondamentaux des femmes et de leurs droits sexuels et reproductifs, cette initiative entrave l’accès à l’information sur les méthodes contraceptives modernes et à une éducation sexuelle complète, tout en imposant des sanctions plus sévères pour l’avortement. Cette évolution a un impact direct sur la réalisation du cinquième objectif de développement durable ou ODD 5 (égalité de genre), pour lequel le Guatemala obtient un score « très faible » dans l’Indice, avec seulement 46 points, soit l’avant-dernier score du pays sur les 14 ODD analysés dans l’Indice.

Insuffisamment de progrès ont été réalisés en matière de réduction de la violence à l’égard des femmes, des filles, des adolescentes et des jeunes. Ainsi, durant les confinements dus à la pandémie de COVID-19, la violence domestique a explosé. Les données du parquet indiquent que cinq femmes, en moyenne, sont tuées chaque jour. En 2020, on dénombrait 197 signalements de violence à l’égard des femmes par jour et en 2019, 699 femmes sont décédées de féminicide (homicide féminin) ou des suites de violences, contre 454 en 2020 et 531 en 2021. Dans l’Indice, le Guatemala obtient un « très mauvais » score (seulement 35 points) concernant le taux de féminicides, ce qui explique pourquoi le Guatemala se place si loin derrière la moyenne régionale d’Amérique latine et des Caraïbes en ce qui concerne l’ODD 5 (égalité de genre) et l’ODD 16 (justice).

Cette situation témoigne de l’incapacité de l’État à garantir les droits humains et à renforcer le cadre institutionnel qui régit la vie de toute la population, en particulier celle des femmes, des filles et des adolescentes.